Le Bonheur Communal Brut
Les communes sont par essence proches des envies citoyennes. Quelles sont-elles ? Il y a bien sûr des soucis de pouvoir d’achat, de précarité réelle ou potentielle.
La commune a bien sûr quelques leviers économiques mais ils sont bien maigres.
Sa mission, sauf si je me trompe, est essentiellement d’apporter un maximum de bien-être à ses citoyens. Et c’est sur terrain là que j’aimerais vous emmener le temps de ces quelques lignes. Vous êtes confrontés à ce qu’on appelle communément (sans jeu de mot) les incivilités de quelques personnes qui mettent très facilement à mal vos efforts considérables à maintenir un certain bien-vivre ensemble, voire un sentiment de bien-être tout court.
Vous avez déjà tout essayé, règlement communaux, avis, menaces et amendes. Pour beaucoup de raisons, une infime partie de la population n’attrape pas l’occasion de faire oeuvre utile de sa bienveillance. Certains diront que cela relève de malveillance, d’autres d’un manque d’éducation.
Quoi qu’il en soit, les routes sont jonchées de canettes, les automobilistes roulent trop vite, il y a des mégots partout, bref il y a chez la plupart des personnes un sentiment d’être encerclées de malveillants et chez ces derniers un sentiment d’impunité mais aussi et surtout un sentiment de non appartenance à sa commune ou communauté, c’est comme on veut.
Sentiment et réalité, il y a un gouffre que la commune peut éventuellement combler. C’est le propos de ce papier.
Nous allons essayer de voir ce qui pourrait participer à un certain Bonheur Communal Brut, nouvel indicateur de bien-être inventé par votre serviteur en clin d’œil au PNB, indicateur officiel de la soi-disante prospérité d’une nation.
1. Favoriser le sentiment de bien-être par la une nouvelle communication sur les incivilités.
Le contexte de réalité est que moins de 5 % pourrissent la vie des 95 autres %. Quelles sont objectivement les facteurs qui font que ces 5% (ou moins) paraissent représenter plus de 50% ? Ils sont plusieurs:
- Médiatisation de ce que fait de mal une minorité. Les médias sont responsables mais aussi l’institutionnel qui stigmatise par voie d’affichage le “Geste Cochon” par exemple.
- Lois, décrets, règlements et autres mesures qui dans l’esprit de l’honnête citoyen renforce le sentiment du nombre important de malveillants tant il est vrai que si on légifère, cela doit forcément être important.
- 10 automobilistes passant 2 fois par jours sur la même route, jetant plus ou moins au même endroit une canette, pendant une semaine cela fait 140 canettes dans les bas côté. Cette masse nous fait évidement penser qu’ils sont très nombreux.
La conséquence immédiate est le renforcement de la résignation citoyenne, élément très polluant quant à la réactivité à vos propositions de changements.
Proposition: Quelque soit le problème abordé, remettre les informations dans leur juste dimension. Les avantages de cette focale sont multiples:
- Augmenter le sentiment de bien-être par la diminution importante de la masse malveillante.
- Isoler la malveillance.
- Diminuer la résignation.
- Contribuer à l’augmentation de la réactivité citoyenne.
2. Valoriser le geste chouette dans vos campagnes de communication. (Par opposition à stigmatiser le geste cochon)
La psychologie sociale de comportement ainsi que d’autres approches comportementales qui étudient la motivation citoyenne nous éclairent sur de nouvelles focales de la communication sociale. Pour ce qui va suivre, nous devrons faire un effort de lâcher prise sur nos croyances dominantes. Nous devrons sortir du schéma de pensée “culpabilisation-rédemption”.
L’exemple le plus symptomatique:
- Les taxes et impôts systématiquement entendus comme “dîmes” plutôt que comme contribution au bien-être commun, ce qu’ils sont.
A contrario je vous fais part d’un témoignage quotidien.
- Les chances de faire couper un moteur de voiture tournant inutilement lors d’un arrêt prolongé augmentent considérablement par la suggestion d’un certain plaisir à le faire.
Hughes Belin