Des câlins et des fleurs, si tu es un homme…
Par Jean-Phi • 11 Dec, 2007 • Catégorie: Contre-pieds, Genre •C’est la journée de la douceur pour les femmes. Je vous remets un post de l’année passée.
Très bonne journée.
La campagne de sensibilisation d’Amnesty International ” Si tu bats ta femme, t’es pas un homme !” me laisse dubitatif ( sans jeux de mots, svp ). Je me pose la question, comme dans tous les domaines d’ailleurs, de l’efficacité de ce genre de message culpabilisant.
La partie du cerveau qui conduit le bras à mettre une baffe à une femme y est à mon avis complètement insensible. Ne croyez vous pas comme moi, que la violence en général est plus une expression d’une peur qu’un sentiment de puissance ou de pouvoir. Je fais mienne l’idée que l’homme est mort de peur, consciemment ou pas. Cette violence n’en est que le dernier sursaut de quelqu’un qui sent que les choses lui échappent. Tout petit déjà le petit garçon est élevé comme un Robocop dont on ne cesse de flatter la puissance. Les commentaires allant dans ce sens sont littéralement dramatiques par rapport à la construction du petit mâle:
- Ne pleure pas comme une fille.
- Tu es un garçon, tu dois être courageux.
- Ne te laisse pas faire, impose toi mon fils.
Il suffit de regarder encore aujourd’hui, les jeux qu’on achète aux garçons. Playstation, x-Box,… ne sont que des jeux de voitures ou de guerre pendant que les filles jouent au Sim’s, construisent leur maison, créent leur univers doux et réconfortant.
Le retard de maturité sentimentale est depuis longtemps effarant. Déjà à 14 ans les garçons en ont 3 dans la vue. Le complexe commence dès lors très tôt et nous, pères, n’avons de cesse que d’encourager malheureusement nos garçons à se montrer forts et à mettre toujours les objectifs inatteignables. On pardonne des faiblesses aux filles qu’on ne pardonne pas aux garçons. Cela laisse aussi des séquelles, d’un autre type, aux jeunes filles. Ce n’est pas le propos, quoique la question de savoir pourquoi et comment les femmes battues acceptent si longtemps ce statut, si ce n’est que par l’éducation et la culture dévalorisante.
Mai 68 aura été la date clef de la fin de la suprématie consciente de la race masculine. Pas qu’avant c’était fort différent, mais plutôt de manière inconsciente. C’est l’institutionnalisation de la liberté de la femme d’aller elle aussi à la chasse. Car depuis des millions d’années, l’homme va à la chasse et la femme garde le foyer. Ca laisse des marques culturelles. La femme ajoute donc un métier à côté des autres, mère et ménagère. Ce n’est pas pour cela que l’homme travaille plus à la maison, c’est un chasseur. Le fossé d’utilité relative s’est encore agrandi. Sans compter que la maternité relèguait déjà l’homme dans les bas côté de la pérennité de la race humaine, et c’est d’autant plus vrai avec l’insémination artificielle. Des études très sérieuses prédisent d’ailleurs que le chromosome Y était en voie de disparition.
Ce sentiment d’inutilité et de disparition, ajouté à l’éducation machiste font des petits hommes autant de personnalités frustrées et mortes de peur. La voilà, à mon avis, la réalité.
La solution: Battre en brêche les croyances qui participent à cette frustration et dire les choses telles qu’elles sont:![]()
- La femme aime les câlins
- L’homme ne s’accomplira qu’en exploitant sa part féminine. ( Intelligence, sensibilité, émotion, tendresse,…)
- Un petit garçon peut être un garçon même si il ne joue pas Robocop
- Un homme peut avoir des faiblesses et des doutes.
- ….
Je suggère donc à Amnesty International de valoriser les capacités tendres et bienveillantes de l’homme. C’est à dire encourager l’expression des valeurs qui lui ont toujours été refusées.
Je ne suis pas copy mais je me lance dans un slogan:
” Des câlins et des fleurs si t’es un homme !”
Je suis assez optimiste sur la capacité de l’homme a découvrir la satisfaction de l’expression de ses talents bienveillants et attentifs et a y prendre beaucoup plus de plaisirs que de balancer des pains.
Bien à vous.
Jean-Philippe.
Jean-Phi est Passeur-Faciltateur-Animateur de la citoyenneté-plaisir.
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Hughes Belin